Anticiper le flop
Avant le flop, les enchères sont d’autant plus délicates que vous vous appuyez sur un minimum d’informations sur votre jeu : vous connaissez vos deux cartes privées, pas plus, soit moins de la moitié de votre main après le flop, moins d’un tiers à l’abattage. Dans cette situation particulière, le contexte prend toute son importance, à savoir votre position, le montant des blinds, et le rapport entre votre stack et celui de vos adversaires. Vous devez donc considérer la valeur intrinsèque de votre main privée, jouable ou injouable, seulement comme un critère de sélection initial, que le contexte peut complètement modifier.
Rencontres de trois types
Par rapport à votre main de départ, le flop ne pourra jamais être que de trois types :
- favorable : il améliore la force de votre main.
- neutre : il ne la renforce pas, et ne l’affaiblit pas visiblement.
- hostile : il affaiblit ou détruit votre main par le potentiel offert aux adversaires.
MAIN : Q – 10
Flop favorable : J – Q – 9
Flop neutre : 8 – 5 – J
Flop hostile : K – K – 7
On peut très bien considérer, après tout, que vous avez statistiquement une chance sur trois de rencontrer un flop favorable. Mais ce calcul est cependant très relatif. Car, selon votre main, les probabilités des trois types de flop ne sont pas égales. Avec une paire haute de Rois ou de Dames, la majorité des flops sera neutre, et pourra être considée comme favorable, puisque vous avez déjà une combinaison effective. Assez peu de flops seront hostiles (overcards, configurations directes de suites ou couleurs). Enfin, les flops favorables le seront vraiment, Rois ou Dames vous donnant le brelan par exemple. Au contraire, avec deux cartes basses en main privée, ou même une très honorable paire de Sept, les flops vous seront quasiment tous hostiles, même les neutres, la moindre overcard vous mettant en danger. Les flops favorables (pas d’overcards, brelan ou ouverture vers une faible suite pour vous) resteront rarissimes.
MAIN : 7 – 7
Flop hostile : J – Q – 9
Flop hostile : 8 – 5 – J
Flop hostile : K – K – 6
Enfin, c’est seulement avec des mains à construire, de hauteur haute ou moyenne, que la proportion des trois types de flop restera relativement équilibrée, comme c’était le cas dans précédent, avec Dame-Dix.
D’où une première conclusion, à partir de votre main privée uniquement :
- vous pouvez relancer si les flops neutres vous sont majoritairement favorables ;
- vous devez vous contenter de limper si la proportion est égale ;
- vous devez limper ou vous coucher si les flops neutres vous sont majoritairement hostiles.
Doyle Brunson
Survivant des premiers âges du poker de compétition, auteur de super system (le livre le plus réussi sur le poker) et collectionneur de trophées acquis auprès d’autres champions qui pourraient être ses petits-fils, Doyle Brunson est un monument vivant du poker.
Très tôt, il choisit la voie royale, mais qui est aussi la plus mouvementée : celle des rounders, ces joueurs texans itinérants qui tournent de ville en ville à la recherche des parties les plus « juteuses ». Celui qu’on ne tarde pas à surnommer « Texas Dolly » a fait ses classes dans les quartiers mal famés de fort Worth, où, malgré le caractère illégal et dangereux des salles de jeux, il s’en tire plus qu’honorablement. Devenu joueur itinérant, il fait la rencontre de deux autres professionnels, Sailor Roberts et Amarillo Slim. Ils montent ensemble un partenariat qui leur permet d’écarter nombre de difficultés de la profession : se faire arrêter par la police, se faire arnaquer par un tricheur, se faire voler ou racketter…
Les succès de Doyle Brunson en compétition sont multiples, à commencer par deux titres de champion du monde WSOP, en 1976 et 1977 et 10 bracelets WSOP (un record), dont le dernier a été acquis en 2005.
Stu Ungar
Très tôt, Stuart Errol Ungar apprend le Gin-Rummy et remporte son premier tournoi à l’âge de 10 ans. à 15 ans, il gagne 10 000 $ dans un tournoi de Gin-Rummy. Ses proches en sont vite persuadés : Stu est un génie du jeu.
C’est à Las Vegas qu’il découvre le poker et ne tarde pas à écumer toutes les tables de la ville. doté d’une mémoire visuelle prodigieuse, il parie un jour $100 000 avec un joueur de black-jack qui ne le croyait pas capable de mémoriser la moitié d’un sabot de 312 cartes. Stut Ungar l’a fait. Il s’est retrouvé interdit aux tables de black-jack de tout Las Vegas.
Après ses deux titres consécutifs de champion du monde, en 1980 et 1981, il devient l’homme à abattre du poker. Remis sur pied en 1997, après une longue traversée du désert liée à la drogue, il s’inscrit au championnat du monde, qu’il gagne pour la troisième fois, établissant un record aujourd’hui encore inégalé. il empoche un demi-million de dollars, qu’il ne tarde pas à reperdre à force de paris sportifs désastreux, de black-jack et de drogues. Le 22 novembre 1998, on le retrouve mort dans sa chambre d’hôtel.
Dans sa carrière, Stu Ungar a participé à 30 tournois majeurs. Il en a gagné 10. Ce record n’a jamais été égalé. Les spécialistes estiment l’ensemble des gains de sa vie de joueur à plus de 50 millions de dollars.
Johnny Moss
Né en 1907 au Texas, Johnny Moss a commencé à jouer au poker à l’âge de 10 ans. il apprend, au sein d’une bande de tricheurs, les arcanes de la donne du dessous, les cartes dans la manche et les jeux marqués.
À 15 ans, ils trouvent un travail à sa mesure : pour 10 à 20 $ par jour, il surveille les tables pour détecter les éventuels tricheurs. Plongé pendant deux ans dans le monde des joueurs de cartes, il ne perd pas une miette du spectacle. C’est ainsi qu’il complète son éducation pokérienne et trouve sa vocation : joueur professionnel.
Pour avoir accès au meilleures parties de l’Est texan, dans les champs pétrolifères, il se fait embaucher à la Texaco. Choix tellement lucratif qu’il quitte cet emploi au bout de quelques mois, à la tête de $4000. Il migre ensuite vers Graham (Texas) avec un capital passé à $100 000. Dans les années 1940, tous les grands joueurs le reconnaissent comme l’un des meilleurs.
Johnny Moss gagnera les World Series Of Poker 3 fois, en 1970, 1971 et 1974. Avant de s’arrêter de jouer dans les années 1980, Moss a été classé 27 fois aux WSOP.
Chris Ferguson
Né en 1963, Chris s’est fait connaitre du public suite à sa célèbre victoire dans le championnat du monde WSOP 2000. Il est reconnaissable au premier coup d’œil, avec ses lunettes noires, son large stetson et sa barbe qui lui a valu son surnom, Jésus.
De formation universitaire, il a quitté l’UCLA (l’université de Californie) En 1999 pour s’adonner immédiatement au poker de haut niveau. Il fréquentait les tournois en dilettante depuis 1994, même s’il participe aux WSOP de façon irrégulière depuis 1995. Sa victoire en 2000 restera dans les annales. Elle l’opposait à un immense champion, T. J. Cloutier.
Chris est réputé pour ses articles stratégiques de haut niveau sur les aspects mathématiques du jeu. Il apporte à la théorie pokérienne une fraîcheur et des principes simples et efficaces, qui lui valent un grand respect dans le milieu. Ses victoires à répétition dans les grands tournois ne font que renforcer cette tendance.
Gus Hansen
Danois né en 1974, Gus est bien connu pour avoir gagné quatre WPT pendant les trois premières saisons, record qui risque de rester longtemps inégalé. Mais c’est surtout la façon dont il s’est imposé qui en dit long sur le personnage.
Gus Relance avec strictement n’importe quelle main, y compris les fortes ! Il est par excellence le joueur qui joue l’adversaire et non les cartes. À telle enseigne que l’expression « avoir un Gus » signifie posséder une main dites « poubelle » en langage courant, par exemple 7-4, 10-3, 8-5.
La force de Gus Hansen réside beaucoup dans son image de joueur hyper agressif. Comme il joue avec potentiellement n’importe quelle carte, il rend fou ses adversaires qui n’ont aucune « lecture » sur lui. A un moment ou à un autre, il arrive à coincer l’attaquant. Gus n’a pas toujours été joueur de poker. C’est un champion de backgammon et un ancien champion de tennis junior. il a embrassé la carrière de joueur de poker professionnel en 1997, après avoir découvert ce jeu en 1993, lors d’un séjour universitaire en Californie.
Il y a véritablement du rationnel derrière de nombreuses choses que je fais. Ces choses peuvent amuser, mais je ne suis pas totalement fou… juste un peu.
Daniel Negreanu
Ce Canadien et l’un des joueurs les plus populaires aux États-Unis. chouchou des caméras, Daniel a toujours quelque chose d’intéressant à dire à une table de poker. il est toujours de bonne humeur, respectueux de ses adversaires et adepte d’un style de jeu chaotique.
Pourtant, ses débuts au poker de haut niveau n’ont pas été faciles. Il a appris dans un club illégal de Toronto. Puis, pendant des années, il a bourlingué aux États-Unis, allant de ville en ville et de club en club pour tester son poker. il a accumulé de cette manière une expérience que peu de joueurs acquièrent en aussi peu de temps. Après avoir gâché ses gains dans des parties sans intérêt, il a abordé l’année des 2004 avec des bonnes résolutions. il a réussi à empocher plus de 4 millions de dollars cette année-là ainsi que le trophée Player of the year du magazine Card Player.
Daniel reconnaît volontiers qu’un de ses points forts et sa capacité à décrypter le jeu des autres. Il n’hésitera pas à pousser aux flop une main aussi faible que 5-2 s’il sait que cela va lui permettre de prendre beaucoup de jetons à son adversaire.
Johnny Chan
Johnny joue au poker depuis le début des années 1980. Il détient le record de victoires WSOP, obtenues dans toutes les disciplines du poker. C’est un joueur éclectique, qui tient du génie pur, probablement en des joueurs les plus complets du monde.
Très jeune, il doublait déjà sa paie en fréquentant des tables où ne jouaient que des gens plus âgés que lui. Au point de se voir rapidement interdit de son jeu favori. Voilà ce qu’il en coûte à ceux qui gagnent trop régulièrement…
À 16 ans, en dessous de la limite d’âge, il part à Las Vegas et s’installe à une table avec $500. il en ressort, le premier soir, avec $20 000. le deuxième soir, il perd tout. Dégoûté, il repart pour Houston où il reste deux ans avant de revenir à Las Vegas, ayant vendu tout ce qu’il possédait pour avoir le plus gros capital jeu possible.
Ses résultats sont médiocres jusqu’au jour où il arrête de fumer ses quatre paquets par jour, rectifie son régime alimentaire et revoit son style de jeu. Pour finir par gagner deux titres de champion du monde WSOP en 1987 et 1988.
Peu de joueurs essaient de me bluffer. Si quelqu’un doit bluffer ou voler les blinds, ce sera moi.
Phil Ivey
Phil n’a certes jamais gagné le championnat du monde WSOP, mais il a réussi le tour de force de gagner trois bracelets WSOP la même année.
Il a appris le poker avec son grand-père quand il était gamin. L’aïeul voulait lui montrer les dangers de ce jeu, mais il n’a fait qu’attiser la curiosité du jeune Phil. Adolescents, il disait à qui voulait l’entendre qu’il deviendrait joueur professionnel, au grand dam de ses proches qui lui rêvaient un autre avenir… À 18 ans, une fausse carte d’identité lui a permis de fréquenter les salles de poker d’Atlantic City, près de New York. A 20 ans, il était devenu citoyen permanent de la ville.
en 2000, il a remporté son premier bracelet WSOP, peu après son 21e anniversaire. C’était un Omaha pot-limit à $2500, et il a battu en table finale Amarillo Slim, DevilFish et Phil Hellmuth. il s’est ensuite établi à Las Vegas pour y devenir, en 2002, l’un des joueurs de cash games les plus redoutés de la ville. C’est cette année-là et qu’il a gagné trois bracelets WSOP, puis un autre en 2005.
Mon objectif est de gagner 30 bracelets WSOP dans ma vie !
Phil Hellmuth
En 1989 à 24 ans, Phil Hellmuth est devenu le champion du monde WSOP le plus précoce. Record inégalé à ce jour. Il a déjà remporté plus de 50 tournois marjeurs.
Le plus étonnant est sa régularité en tournoi : il ne s’est pas passé une seule année depuis cette consécration suprême sans qu’il ait marqué le circuit de compétition de sa présence au plus haut niveau. il a ainsi accumulé 10 bracelets W. S. O. P. En 25 ans, record qu’il partage avec doyle brunsonet Johnny chan. Bien qu’arrivé plusieurs fois en table finale du WPT, il n’y a encore jamais gagné.
Phil ne cache pas ses ambitions, et plus particulièrement celle de devenir le plus grand joueur du monde.
Son image a évolué avec les années. Discret et affable au début, il est devenu de plus en plus impulsif et pleurnicheur, d’un caractère susceptible ou point de se reconnaître lui-même comme le sale gosse du poker. C’est pourtant un joueur talentueux et instinctif, réputé pour ses erreurs parfois flagrantes, mais redouté pour ses coups de génie sans égal.
